Aikido et Végétarisme

Par Bruno Léger

L’aïkidoka authentique, celui qui cherche à suivre au plus près la Voie ouverte et enseignée par le fondateur, se doit d’être végétarien. Ne pas l’être c’est passer à côté du message de l’Aïkido, c’est hypothéquer définitivement toutes ses chances de réalisation spirituelle. Lorsque le fondateur nous dit qu’ « il est de notre devoir d’œuvrer pour le bien des autres à travers notre aïkido »(1), une vision généreuse serait de l’étendre à tous les êtres vivants (animaux et végétaux) et non pas juste à l’homme, vision égoïste, égocentrique et spéciste. Mais l’homme a l’habitude de ce genre de raccourci. Dans la Bible, au sixième commandement du décalogue, il lui est bien ordonner de ne point tuer, et pourtant il éradique ANNUELLEMENT plus de 70 milliards d’animaux terrestres et presque autant d’animaux marins. Et cela juste pour le plaisir de ses papilles !!! Combien de catholiques ou de chrétiens sont végétariens ? alors que Jésus lui-même l’était (2). Or n’oublions pas que la source spirituelle de M. Ueshiba est la religion Shinto dont le concept majeur est le caractère sacré de la Nature, les sacrifices d’animaux y étaient donc proscrits et l’alimentation végétarienne conseillée, raison pour laquelle il nous disait (3):

« Tous ceux qui pratiquent l’Aïkido doivent protéger le royaume de mère Nature, le reflet divin de la création, et le préserver dans sa beauté et sa fraîcheur. Les subtiles techniques de l’aïkido naissent aussi naturellement qu’apparaissent le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. »

Je ne sais pas si vous avez déjà « visité » un abattoir, avec vaches, veaux, cochons ou poulets égorgés au couteau et hurlants de douleur, je ne sais pas si vous avez connu une forêt indonésienne, saccagée, brûlée, avec ses orang-outangs errants comme des âmes en peine, se laissant mourir de faim à cause de la destruction de leur habitat par l’homme, je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de voir une mer rougie par le sang des dauphins Calderon dans les îles danoises, mais je peux vous assurer que les premiers mots qui vous viendront à l’esprit ne seront pas « beauté » et « fraîcheur ». Il est de notre devoir d’aïkidoka d’œuvrer pour la paix sur notre planète à tous les niveaux. D’ailleurs pour O Senseï nous devons être des guerriers de la Paix car pour lui le but de la pratique n’est pas simplement de nous rendre plus fort ou plus dur que les autres:

« L’Art de la Paix ne doit pas se reposer sur les armes et la force brutale pour triompher ; au lieu de cela, nous devons nous mettre en harmonie avec l’Univers, maintenir la paix dans notre environnement, nourrir la vie et prévenir la mort et la destruction. La véritable signification du mot samouraï désigne celui qui sert et qui adhère au pouvoir de l’amour. »(4)

 La compréhension même des idéogrammes Aï et Ki nous aident sur le chemin de notre mission puisque Aï signifie « se réunir, s’unir, se rapprocher » et Ki « la force vitale, l’esprit, la Nature »(4) . Le « Do » étant la voie, sous entendu spirituelle. Le champ d’action d’une voie spirituelle ne s’arrête pas aux quatre murs de notre dojo, il s’applique à l’intégralité de notre vie. Ceci chaque pratiquant vous le dira. Donc « notre » art de la non-violence doit être intégré à notre alimentation, à notre relation à l’autre (enfants, famille, amis, collègues, inconnus, animaux, végétaux…), ceci aussi est le riaï, le fait que toutes les composantes de l’aïkido sont reliées entre elles et ne peuvent être considérées isolément.

Le fondateur en personne était végétarien. Tout d’abord par son appartenance à la religion Shinto, religion ancestrale du Japon, puis par la force de la tradition alimentaire japonaise. La première trace écrite de l’alimentation japonaise date du 3ème siècle avant JC, grâce au Gishi-wajin-den, livre historique sur le Japon écrit en Chine, où l’on apprend qu’  » il n’y a ni bétail, ni chevaux, ni tigres, ni léopards, ni chèvres et ni pies dans ce pays. Le climat est doux, et les gens d’ici mangent des végétaux frais également en été comme en hiver ». Il y est dit aussi : « Les gens attrapent les poissons et les fruits de mer dans l’eau »(5). Donc au pire une alimentation pesco-végétarienne. Puis arrive le Bouddhisme et en 676 ap. JC , l’empereur japonais Tenmu proclama une ordonnance interdisant de manger du poisson et des fruits de mer, ainsi que la chair animale et la volaille. Ce n’est que quelques 60 années plus tard, en l’an 737, pendant la période Nara, que l’empereur Seimu approuva la consommation de poissons et de fruits de mer. Pendant les 1200 années de la période Nara jusqu’à la restauration Meiji dans la seconde moitié du 19ème siècle, les Japonais se contentèrent de repas de type végétarien. Ils mangeaient habituellement du riz comme aliment principal, des haricots et des légumes. C’était seulement lors d’occasions spéciales ou de célébrations que du poisson était servi. Sous ces conditions, les Japonais développèrent la cuisine végétarienne, Shojin Ryori (ryori signifie cuisiner ou cuisine), née au Japon(5). Il est donc traditionnel au Japon d’avoir une alimentation végétarienne, et lorsque Moreihei Ueshiba voit le jour, 15 ans après la restauration de l’ère Meiji, les anciennes habitudes alimentaires sont toujours bien ancrées dans la société japonaise. Il ne faut pas oublier non plus que le père de Morihei, Yoroku Ueshiba, dont le père était un samouraï, ne pouvait que souscrire et transmettre ces traditions.

De plus nous connaissons tous les pratiques purificatrices du fondateur qu’il effectuait quotidiennement par les « misogi « . Avoir une nourriture carnée alors que l’on cherche à purifier son corps n’a pas de sens, la chair animale etant réputée pour sa lourdeur, son indigestibilité, et l’encrassement qu’elle occasionne tant sur le plan physique (maladies coronariennes et autres cancers du système digestif(6)) que spirituel (la chair animale apporte violence, souffrance et agonie).

Réduire la violence en ce monde était un vœu du fondateur:

« L’authentique budo cherche à rétablir l’ordre des choses, à favoriser la paix dans le monde, à nourrir et à protéger toute chose. C’est le but de mon entraînement dans le budo: nourrir, protéger, et développer la vie en usant du pouvoir de l’amour de Dieu. »(7)

Finalement, à la question « comment réduire la masse de violence en ce monde ? », c’est Gandhi qui nous apporte la réponse la plus claire en demandant au journaliste qui venait de la lui poser : « Que manges tu ? »

Mais penser que pour éradiquer toute violence il suffit de supprimer la viande de son alimentation serait trop simple et facile, non ? Même si le pas est déjà immense, il n’est que le premier dans une voie qui en compte beaucoup. Il faut également éviter de consommer des aliments qui mettent à mal l’écosystème global de notre planète, s’abstenir d’acheter du cuir (c’est une industrie les plus polluante), proscrire les produits testés sur les animaux, etc… Le végétarien est par essence écologiste, il aime prendre soin de sa planète, pour lui et les générations futures. Nous parlons donc plus d’un style de vie, d’une manière d’être, que d’une simple façon de se nourrir.

Pour conclure, j’ai fini par me demander si les fondateurs des Arts Martiaux, à savoir les moines Shaolin étaient végétariens. La réponse est oui.

(1)« Aïkido enseignements secrets » par M. Ueshiba, Budo Editions, p.133

(2) « L’évangile Essénien de la Paix » par E. B. Szekely, Ambre Editions

(3) « La philosophie de l’Aïkido » par J. Stevens, Budo Editions, p.31

(4) « Aïkido Enseignements du Fondateur », Guy Trédaniel éditeur, p.146

(5) http://www.ivu.org/french/news/3-98/japan1.html

(6) Une alimentation végétarienne équilibrée est bénéfique pour la prévention et le traitement d’affections telles que : obésité, maladies cardio-vasculaires, hypertension, diabète de type II, cancers, ostéoporose, maladies rénales, atteinte des fonctions cognitives, maladies diverticulaires du côlon, calculs biliaires et polyarthrite rhumatoïde. Position officielle de l’American Dietetic Association (www.eatright.org) et Dietitians of Canada (www.dietitians.ca). Journal of the American Dietetic Association, 2003, 103 (6), 748-765. (Étude appuyée sur 256 références médicales). Ces institutions font autorité dans le domaine médical.

(7)« Aïkido enseignements secrets » par M. Ueshiba, Budo Editions, p.53

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Stage Toulouse

La photo tant demandée et attendue du stage de Toulouse:

 

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M. Jeandel à Antibes les 21 et 22 janvier 2012

Bonjour

Voici les informations relatives au stage dirigé par Matthieu Jeandel 5ième dan ITAF à Antibes (06).

Dates et lieu

Les 21 et 22 janvier 2012 à ANTIBES (06), le stage est ouvert à tous quelque ce soit le groupe / la fédération d’appartenance.

Adresse:

Dojo de la Rostagne
14 av de la Rostagne
06160 JUAN LES PINS

Horaires

Samedi: 9h30 – 12h / 14h30 – 17h30 / 17h30 – 18h30 (à partir du 1er dan)
Dimanche: 9h30 – 12h30

Tarifs

stage complet : 30€
samedi uniquement : 20€
dimanche uniquement : 15€.

Contact:

technique@itaf-france.org

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Atemi and Pressure Points in Aikido

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Kata 13 par Morihiro Saito

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La « méthode SAITO »

Par Mathieu Jeandel, 5ème dan ITAF

Le texte qui suit a pour objectif de donner une explication de l’utilité et de l’ingéniosité du travail kotai mis en place par Morihiro Saito Sensei. Pour situer un peu les choses et selon les propos de Morihiro Saito, “le travail kotai est à réaliser jusqu’au 3ème dan”, ce qui devrait nous mettre la puce à l’oreille quand à son importance…

Le premier niveau d’étude kotai est bien souvent vu comme un niveau où la pratique est carrée, statique, solide, puissante, un niveau où l’on ne fait pas d’aïkido *. Et en restant à cette vision partielle des choses, il est impossible de découvrir en quoi ce niveau est une clé fondamentale à la pratique de l’aïkido dynamique et vivant de Morihei Ueshiba, “le haut a pour fondement le bas” disait Lao Tseu.

Finalement, plus que tout les adjectifs cités plus haut ce qui caractérise le niveau kotai est l’absence de contrainte temporelle . Supprimer la contrainte temporelle c’est donner à tori la possibilité de “prendre son temps”.

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Démonstration d’armes

Par Olivier Eberhardt, 4ème dan Iwama Ryu, Academy de Daniel Toutain.

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Livret du Débutant

Afin de connaître un peu la terminologie de l’Aïkido, la vie du fondateur, la manière de se comporter…

Livret débutant

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Guerre & Paix

Par Philippe Voarino

Il y a vingt ans que je passais pour la première fois le seuil du vieux dojo d’O Sensei à Iwama. J’étais un jeune professeur d’Aikido inexpérimenté, deuxième dan, sûr de ses connaissances, comme on l’est avant que la vie ne vous enseigne un peu l’humilité.

Je n’oublierai pas ce premier cours. J’attendais comme je l’avais appris que mon partenaire attaque avec shomen uchi et j’appliquais alors ikkyo omote. Je fis cela deux fois, trois fois peut-être avant que ne claque un « damé ! » sonore qui était, sans que je m’en doute alors, le signal et le début de la remise en question de tout ce que je croyais savoir en Aikido.

Damé ! Ca ne va pas ! Morihiro SAITO venait d’interrompre le cours. Tout le monde à genoux et me voilà au milieu de ce cercle, prié de reproduire mon erreur. Maître SAITO m’arrêta bien vite et expliqua qu’O Sensei faisait toujours ikkyo omote en attaquant le premier, et que cette technique n’était pas réalisable directement si j’attendais l’attaque d’aite. C’est moi au contraire qui devais attaquer et contrôler avec ikkyo omote.

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Aikido, une voie difficile…

… ou logique d’un abandon progressif
(Par Marc Senzier 4° dan Aïkido UFA-FFAAA et 2° dan Iaïdo CNK-FFJDA – école Aïki-Ryu)

Après l’enthousiasme des premiers cours, l’effet euphorique des premiers pas s’efface. La découverte des premières techniques annonce déjà une route longue, voire difficile. Il ne faut pas se cacher la face : la formation d’un budoka passe par l’apprentissage et l’expérimentation durant de nombreuses années, et ceux qui ont cru aux exploits de « Miagi Sensei », dans « Karaté Kid », propulsant un jeune néophyte au rang de champion en une saison, se mettent deux doigts dans l’œil. La route, si vous la suivez, vous mènera plus loin, plus tard. Elle est aussi semée d’embûches dont certains ne se relèveront pas. Il faudra être patient et persévérant. Vous découragez ?! Non, au contraire. Relativisons…

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